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Important chandelier mamelouk

Egypte ou Syrie, art mamelouk, milieu du XIVe siècle

Haut. : 35,5 cm. Diam. : 31,5 cm

Vendu aux enchères par Thierry de MAIGRET à Paris, Drouot, le vendredi 6 juin 2003, lot n° 41

Adjugé 90.000 €

 

Chandelier en laiton incrusté d’or et d’argent. La panse tronconique, soulignée en haut et en bas par deux rubans en léger ressaut, est ornée de deux cartouches calligraphiés en écriture thuluth sur fond de rinceaux foliés, interrompus par deux rondeaux meublés de canards autour d’une rosette centrale dans un encadrement de rinceaux floraux. Les cartouches et les rondeaux se détachent sur un fond de motifs géométriques imbriqués, soulignés d’or. L’épaule en cuvette est ornée d’un bandeau calligraphié en écriture thuluth, bordé par une fine frise de rinceaux foliés ondulants. La bobèche est agrémentée de motifs fleuronnés cruciformes inscrits dans des losanges. Le col est décoré d’une frise de rinceaux foliés ondulants. Restauration au niveau de la bobèche. La bobèche et le col proviennent d’un autre chandelier ; haut du col abîmé ; incrustations partiellement effacées.

L’inscription autour de la panse : « al-maqarr al-‘âlî / al-mawlawi al-mâ / likî al-‘âlimî al [?] al-Nâsir (Sa majesté élevée, notre maître, le souverain, le savant, le [?] al-Nâsir)

L’inscription sur l’épaule : « al-maqarr al-‘âlî al-mawlawi al-‘âmilî al-â?î al-mujâhidî al-mâlikî al-malikî (Sa majesté élevée, notre maître, le savant, le [?] le champion de la foi, le souverain, le roi)

L’inscription sur la bobèche : « al-maqarr al-‘âlî al-mawlawi / al-‘âlimî al-‘âlî (Sa majesté élevée, notre maître, le savant élevé)

Ce chandelier par sa forme légèrement tronconique est très semblable à plusieurs chandeliers conservés dans des collections publiques ou privées. L’un, incrusté d’or et d’argent comme le chandelier présenté ici, est conservé au musée du Louvre (n° inv. AO 5005, catalogue d’exposition, L’islam dans les collections nationales, Paris, 1977 n°101 p.82). L’inscription sur sa panse est une eulogie anonyme au nom d’un fonctionnaire du sultan al-Malik al-Nâsir. Un autre est conservé au musée arabe du Caire (Gaston Wiet, Catalogue du Musée Arabe. Objets en cuivre, Le Caire, 1932, n°3982 pl.32). Un troisième chandelier, plus petit, mais également incrusté d’or et d’argent, présente le même décor de cartouches autour de la panse (catalogue d’exposition, Trésors de l’Islam, Genève, 1985, n°288 p.278). La titulature est au nom d’un fonctionnaire de al- Malik al-Nâsir.

Il est difficile de dater ces chandeliers avec précision, car la titulature mentionnant al- Nâsir peut concerner un fonctionnaire du sultan al-Nâsir Muhammad ibn Qalâwûn (1294-1340) ou bien Nâsir ad-Din al-Hasan (1347-1361), ou bien tout simplement un émir ayant dans son nom le terme « al-Nâsir », le défenseur. Stylistiquement, ce chandelier peut être attribué au milieu du XIVe siècle.

La bobèche au décor de fleurons dans des losanges provient d’un autre chandelier datant de la même époque. Ce décor fleuronné orne plusieurs écritoires mameloukes mais est moins fréquent sur les chandeliers. Lorsque il est présent, on le retrouve également sur la panse comme c’est le cas pour un chandelier du musée arabe du Caire illustré dans le catalogue d’exposition par Esin Atil, Renaissance of Islam. Art of the Mamluks, Washington, 1981, n°30 p. 97. Ce dernier chandelier fut exécuté pour un officier de al-Malik al-Nâsir, probablement Sultan Hasan (1347-61).