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Carreau à la fleur de lotus

Céramique recouverte d’une glaçure opaque blanche, à décor de glaçures colorées et de lignes noires

Asie Centrale, art timouride, XVe siècle

Haut. : 43,8 cm ; Larg. : 28 cm ; Ep. : 3 cm

 

La fleur de lotus stylisée, formée d’un petit fleuron trilobé à l’intérieur de deux palmettes polylobées réunies à leur sommet, s’inscrit dans un fleuron bleu cobalt qui se détache sur un fond turquoise. Ces deux éléments décoratifs sont extrêmement répandus en Asie Centrale à l’époque timouride, où motifs géométriques et ornements d’inspiration végétale s’entremêlent pour former un décor foisonnant et coloré. Le « fleuron à corps cintré » se rencontre dans le monde musulman à partir du XIe siècle (Soustiel & Porter 2003, p. 234) et la fleur de lotus, issue du répertoire décoratif chinois, apparaît en Iran et en Asie Centrale vers la fin du XIIIe siècle (op.cit, p. 233).

Le décor est souligné par une ligne noire qui est l’un des procédés techniques utilisé dans le monde de l’Islam pour séparer les couleurs afin d’éviter qu’elles ne fusent entre elles. Divers procédés existent pour délimiter les couleurs, comme par exemple l’incision profonde dans la pâte ou au contraire une compartimentation en relief du décor (type dit de « cuenca o arista »). Mais ce résultat peut aussi être obtenu en dessinant les motifs avec une matière distincte des glaçures colorées. Lorsque cette matière disparaît à la cuisson pour laisser apparaître la couleur de la pâte, il s’agit de la technique dite « cuerda seca » (ligne sèche) utilisée principalement sur la céramique espagnole. Dans l’Orient musulman, les céramistes se servent pour séparer les couleurs d’une matière qui laisse une fine ligne noire d’aspect mat, très faiblement vitrifiée (Soustiel & Porter 2003, pp. 213-217). Cette ligne noire utilisée dès le XIVe siècle en Asie Centrale répond au même principe que la « cuerda seca » occidentale mais donne un aspect final différent. C’est pourquoi il est plus approprié d’utiliser le terme de « ligne noire » pour désigner le procédé des céramistes d’Asie, le différenciant ainsi de la traditionnelle « cuerda seca ».